mardi, janvier 20, 2009

At last!

Tout a peut-être été dit sur cette journée historique : l'inauguration présidentielle de Barack Obama. Mais en réalité, une dimension historique très importante n'a pas été abordée avec attention. Il s'agit de la forte propension de toutes les sociétés à former des individus qui rejettent violemment le changement que de grands personnages apportent. Presque tous les hommes d'envergure que le XXième siècle a produits ont été assassinés. Les non-violents n'ont pas été épargnés. Ghandi et Martin Luther King sont les exemples les plus connus. Les frères Kennedy, sans être strictement non-violents, n'étaient pas les politiciens les plus belliqueux non plus. J'ajouterais John Lennon à la liste des victimes de fous, puisque son engagement artistique débordait sur le champ politique et avait une portée mondiale (You can say I'm a dreamer, but I'm not the only one...). Heureusement, Nelson Mandela a échappé à cette apparente fatalité. Est-ce parce que l'histoire de l'Afrique du Sud charriait déjà une surdose de violence? Dans le cas d'Obama, le passé sert sûrement d'avertissement sévère, et les dispositifs de sécurité étaient aussi spectaculaires que le spectacle lui-même dimanche dernier au Lincoln Memorial. Abraham Lincoln, a lui aussi été tué par un fou à cause du changement qu'il incarnait. Le nouveau président se réclame de l'exemple illustre de son prédecesseur anti-esclavagiste mais doit justement réaliser le changement que Lincoln proclamait et dont rêvait encore l'inspirant Martin Luther King, deux siècles plus tard. Qu'un homme comme Obama soit président... Enfin! Il était temps. Aujourd'hui, nous sommes tous enfin libérés de l'ignoble poids du racisme. At last! C'est ce que disait Luther King : 'I'm free at last'!

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