lundi, décembre 01, 2008

Des élections? Avec le même mode de scrutin, ça sert à rien!

La complication de la situation fédérale avec la reédition de son gouvernement minoritaire, même dans la confusion actuelle, transmet une information limpide : notre mode de scrutin bipartite à un tour est dépassé. Le Canada offre depuis assez longtemps plus d'un parti à ses citoyens, mais le mode de scrutin ne permet pas vraiment d'exprimer d'intention politique nuancée. Stephen Harper n'a pas obtenu la majorité des voix, ses opposants mis ensemble la contrôle, mais il gouverne quand même. Au provincial, le casse-tête que Jean Charest nous propose comme la solution à une catastrophe économique annoncée relève du même dilemme. Il veut davantage de pouvoir alors que celui qu'il détient déjà dépend du vote d'une minorité de citoyens et qu'il en use plus ou moins honnêtement. Lui accorder ce qu'il veut ressemble vraiment à donner au renard la clef du poulailler, d'autant plus qu'il refuse de nous dire combien il reste de poules... Comment les Québécois peuvent-ils bénéficier de la maturité politique acquise au cours des 50 dernières années s'ils n'ont que le même vieux scrutin à un tour pour élire leurs représentants? Ne pas reformuler le système électoral correspond en fait à la reconnaissance involontaire d'une distorsion démocratique. Mathématiquement, avec plus de deux partis se partageant le vote à peu près également, le parti gagnant est forcément élu par une minorité. C'est le contraire de la démocratie! Et l'on se demande pourquoi de nombreux électeurs boudent les élections...