dimanche, août 10, 2008

De la poudre aux Jeux...

Hôtesse actuelle des Jeux olympiques, la Chine montre avec brio comment accueillir les minorités mondiales. Détentrice de la majorité absolue en tant que pays le plus peuplé du monde, elle confirme d'emblée sa mainmise sur le XXIième siècle. Le bât blesse, toutefois, parce qu'en se servant des Jeux, la Chine s'associe à une série de malentendus historiques issus de la culture aristocratique du Comité olympique, tradition plus solide que l'idéal du même nom. René Homier-Roy et ses invités en ont fait un survol remarquable en matinée du 9 août (www.radio-canada.ca/radio/emissions/emission.asp?numero=1825, plus pertinent que le blabla des commentateurs de la cérémonie d'ouverture, lequel équivaut à s'exclamer sur l'élégance de Kent Nagano pendant une symphonie). En fait, l'idéal sincère de millions d'athlètes de tous les pays explose comme des feux d'artifice, cachant sous une pluie d'étincelles les ficelles mercantiles qui les manipulent. Aux JO, les forces qui rivalisent vraiment pour capturer l'or sont celles des grandes puissances. Derrière chaque podium, elles se chamaillent comme des chiffoniers pour pousser leurs représentants sur les marches et gagner des points dans la course mondiale de la visibilité médiatique. Pendant ce temps, les guerres continuent en Irak, en Afghanistan, le conflit Russie-Géorgie éclate en Ossétie du Sud, et le Tibet étouffe sous la botte chinoise. Fiers de leur démocratie de millionnaires, les États-Unis brandissent un peu partout la plus grande armée de tous les temps. Fière d'avoir inventé la poudre à canon, la Chine n'a pas fini de détonner. Les prouesses de Pékin, c'est de la poudre aux Jeux.