vendredi, décembre 19, 2008

Merci Monsieur Derome

Bernard Derome se retire de son rôle de chef d'antenne à Radio-Canada. Son entrevue avec Michel Desautels hier soir donnait un aperçu de l'envergure de sa contribution à la communication médiatisée. Témoin privilégié de son époque, il nous offrait pour chaque événement qu'il couvrait un accès au premier rang. Le survol de sa carrière résume le dernier tiers du XXième siècle et le début houleux du siècle actuel. On aura remarqué une claire dominante du drame et des catastrophes par rapport aux bonnes nouvelles. C'est évident que la caméra montre mieux l'ouragan et ses méfaits que les patients travaux de biochimistes traqueurs de cancer. Mais en général, les commentaires de Bernard Derome éclairaient ce que la lentille laissait dans l'ombre. Dans ce sens, je regrette que ce grand reporter quitte l'antenne au moment où les États-Unis entrent dans une phase de décroissance obligée qui entraînera, espérons-le, une remise en question de la surconsommation et du millionarisme grand public. Il nous aurait expliqué des nuances jusqu'à présent inédites dans la couverture médiatique post-convergence... J'ai eu le plaisir d'être interviewé par ce maître de la phrase concise à l'époque où j'étais porte-parole des musiciens qui refusaient l'empire sur la musique québécoise de l'American Federation of Musicians. Me fixant de son regard d'acier, il a fait en quelques questions précises la synthèse du contenu que l'entrevue devait dégager : un cours accéléré de communication que je n'ai jamais oublié. Pour ça, et pour l'ensemble de votre oeuvre, merci Monsieur Derome.

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