mercredi, octobre 29, 2008
Rumeurs d'élections...
Des élections? Encore! À peine remis du récent gaspillage fédéral qui a redonné à Stephen Harper un gouvernement minoritaire, voici que les Québécois risquent d'être convoqués aux urnes très bientôt. Or, tant que le système électoral reste tel quel, le scrutin provincial pourrait être aussi frustrant que l’autre. En effet, les gouvernements de nos jours sont portés au pouvoir par une minorité d’électeurs, le parti vainqueur n'ayant obtenu ni la majorité des votes, ni celle des députés élus. La somme des votes reçus par les partis d'opposition est supérieure à celle qui décide du gouvernement. Si on y ajoute les abstentions, il est clair que nous sommes gouvernés par des élus qui n'ont pas la légitimité du nombre. Ce fait indiscutable est malheureusement négligé par les commentateurs qui prétendent que les électeurs ont voulu avoir un gouvernement minoritaire. Chaque électeur n'exerce son droit de vote que dans un seul comté et n’a qu’une action indirecte sur l’issue générale du vote. Dans les comtés urbains, loin de pouvoir se concerter, les électeurs québécois sont plutôt sûrs d’être gouvernés au fédéral par un parti pour lequel ils ne veulent pas voter.
Au Canada, la situation politique est en partie stérile à cause du paradoxe québécois, qui donne la balance du pouvoir à une province où beaucoup de gens voudraient qu'elle cesse d'en être une. Au Québec, le parti Libéral profite de la division du vote autonomiste, qui constitue pourtant une majorité chez les francophones. Pour Jean Charest, porté au pouvoir il y a deux ans malgré une relative impopularité, il s'agissait de faire oublier les maladresses des premiers mois de son mandat et d'attendre le bon moment pour renforcer ses assises. Aussi opportuniste qu’au jour où il a quitté le parti conservateur fédéral pour devenir chef des libéraux provinciaux, M. Charest prouve encore une fois que les intérêts qu’il défend le mieux sont les siens. Il faudrait vraiment, comme le réclamait énergiquement Loco Locass, se libérer des Libéraux.
À moins qu'une représentation proportionnelle défende la voix des citoyens, nous devons, sous la bannière de Mme Pauline Marois, aller au bout de l'affirmation québécoise que le fédéral a frauduleusement freinée en 1995.
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