lundi, septembre 08, 2008
Élections : et c'est reparti...
Ça y est, la campagne électorale fédérale est lancée. J'écoute en ce moment même l'entrevue de Christiane Charette sur les ondes de Radio-Canada avec Serge Ménard, de nouveau candidat du Bloc québécois, et Thomas Mulcair, qui se re-présente pour le NPD. L'entente est audible entre les deux hommes, et les nuances qui les séparent ne devraient pas servir autant la cause des Conservateurs. C'est la question nationale québécoise, bien sûr, qui les empêche de se rapprocher davantage. M. Ménard l'a rappelé, le NPD ne peut se permettre d'aliéner ses électeurs canadiens en accordant plus de pouvoir au Québec dans une structure fédérale renouvelée. M. Mulcair fait valoir que la gauche doit se rallier au seul parti fédéral qui présente des candidats dans tous les comtés du Canada. Si l'on considère que le Parti Vert invite aussi les électeurs de gauche à l'appuyer, on se rend compte que la droite conservatrice risque de profiter au maximum du traditionnel « Diviser pour régner ». Pour les citoyens engagés et conscientisés quant aux enjeux écologiques, c'est la quadrature du cercle : voter selon leur conscience favorise Stephen Harper, l'un des pires adversaires de leur cause. Celui-ci, assis sur une fortune pétrolière, est assuré du soutien formidable (au sens premier du terme) des milieux financiers. Comment déterminer dans quel ordre s'attaquer au problème d'une véritable représentation démocratique?
Il y a de nombreuses années, M. Laforce, mon professeur de science politique, expliquait très bien l'inexorable injustice de notre système électoral à un tour. Seuls les électeurs qui votent pour le parti qui détient la majorité des députés élus sont véritablement représentés. Les autres, même s'ils peuvent constituer en tout la majorité de la population, doivent accepter que des gens pour lesquels ils n'ont pas voté les défendent au Parlement ou à l'Assemblée nationale. L'aspect mathématique du vainqueur unique pour chaque comté favorise le bipartisme. Dès qu'un tiers parti s'élève en faisant élire plusieurs députés, l'un des deux anciens partis doit faiblir pour qu'il puisse accéder au pouvoir. C'est ce qui est arrivé dans le cas du Parti québécois en 1976, qui a évincé l'Union nationale. À l'échelle canadienne, le NPD devrait dépasser le Parti libéral d'un océan à l'autre avant de réussir le même coup. On voit qu'il y a loin de la coupe atlantique aux lèvres pacifiques...
Ainsi, la première étape dans l'accès à une vraie démocratie serait de réformer le système électoral. Là aussi, c'est la quadrature du cercle, puisque tout parti au pouvoir ne coupera pas la branche sur laquelle il est assis. Nous voilà donc avec un noeud gordien à l'intérieur d'un noeud gordien. Mais, imaginons que nous puissions voter à notre guise. Faudrait-il, en tant que Québécois, appuyer le Bloc ou le NPD? Et bien, même si la prudence est mère de la sagesse, je vais me prononcer tout de suite et proposer deux stratégies différentes.
Si vous êtes dans un comté où un candidat NPD battrait un gros canon traditionnel, comme à Outremont, allez-y allégrement! Si vous êtes dans un comté à majorité québécoise nationaliste, soutenez le Bloc. Si aucun de ces cas de figure ne se présente, votez pour le Parti Vert, qui obtiendra des fonds utiles à sa croissance. Dans tous les cas, la question québécoise devrait précéder les autres, puisque, au fil de l'histoire, aucun gouvernement fédéral n'a accordé au Québec ce qui lui revient sans y être contraint par le vote des Québécois. Contrairement à la perception qu'en ont M. Harper et trop de Canadiens, l'affirmation politique du Québec par la voix du Parti québécois de René Lévesque pourrait servir d'exemple à l'ensemble du Canada. Une association reformulée d'états autonomes ferait de notre actuelle fédération boîteuse un instrument de progrès planétaire.
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