jeudi, mai 17, 2007
Mme Marois et l'intelligence collective
Après l'espèce de coup d'état médiatique qui a démis André Boisclair de ses fonctions de chef du PQ, une vague d'enthousiasme a déferlé à propos du retour de Mme Pauline Marois.
Quoique je me réjouisse moi aussi de ce retour espéré (après tout, ma fille Cori avait eu beaucoup de succès en passant l'Halloween déguisée en Pauline Marois alors que celle-ci venait de quitter la politique...), une mise en garde s'impose si nous voulons éviter les erreurs du passé.
Le retour de Mme Marois doit être le début d'une prise de conscience à compléter le plus vite possible : l'intelligence est collective.
En effet, pour toute société évoluée, les enjeux actuels sont planétaires. Ils supposent qu'on cesse de compter sur la seule pensée de nos dirigeants, si brillants soient-ils. Il faut réfléchir ensemble, et changer notre mode de gestion politique. Le recours à la proportionnelle et à un "Conseil des sages scientifiques", par exemple, serait un bon début. Les débats inutiles seraient évités et des données vérifiées informeraient les citoyens qui participeraient à l'analyse des enjeux soit sur le site du gouvernement, soit par l'entremise de leur député. L'essentiel est de rompre avec le mode binaire 'parti au pouvoir'-opposition officielle, qui consacre la permission du vainqueur de se fourvoyer pendant au moins quatre ans.
Les usages passés ne préparent plus l'avenir. Le choix à la tête du PQ de M. Boisclair, fils symbolique des pionniers souverainistes, relevait, sous des dehors de renouveau, d'un réflexe dépassé qui consiste à attendre d'un "sauveur" des solutions simples à des problèmes complexes. On a fait le coup à Lucien Bouchard, qui symbolise le bon "père de famille". Si l'on reprend cette approche avec "maman" Marois, elle sera rapidement écrasée par l'ampleur de la tâche. On lui reprochera de ne pas être "rassembleuse", d'être trop ceci, pas assez cela...
En fait, nous devons intégrer le concept d'intelligence collective et le mettre en pratique, allié à l'expérience et à la sagesse d'une femme dont la carrière politique démontre les multiples compétences dans ce sens. Si, comme peuple, nous n'assumons pas nos responsabilités et demandons à Mme Marois, non seulement de sortir son parti de son statut de seconde opposition, mais aussi de résoudre la quadrature du cercle constitutionnelle, nous seront croqués par Harper et le Canada anglais.
Si nous pensons ensemble aux enjeux essentiels, à l'écologie et à la justice distributive, nous préciserons quel pays nous voulons et choisirons les moyens de le bâtir, ce que le Canada devra tôt ou tard reconnaître, puisqu'il doit cesser lui aussi d'être une succursale américaine pour survivre au 21ième siècle et à une inévitable crise de l'eau 'made in USA'.
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