jeudi, septembre 28, 2006

Par une journée d'automne, un monarque fatigué...

Nous avons eu une très belle journée de début d'automne, hier à Montréal, et pour l'instant c'est pareil aujourd'hui. La lumière oblique pose du miel sur les feuilles déjà dorées. Les sons semblent plus clairs dans l'air frais, les chants d'oiseaux par exemple. Peut-être que les oiseaux sentent eux aussi que les jours cléments achèvent. Pendant que le monde des humains s'agite dans sa tourmente, la nature se prépare au repos, à ce sommeil tout relatif qu'est l'hiver. Un papillon monarque se pose sur la pelouse, battant des ailes très lentement. Nous l'observons ma fille de 10 ans et moi, puis nous prenons une photo de lui les ailes ouvertes, figeant cette beauté frappante et fragile et nous demandant s'il a déjà fait l'an dernier le voyage au Mexique propre à son espèce. Est-ce un vieux papillon, trop fatigué pour repartir? Spontanément, notre pensée voyage à sa place et imagine un arbre couvert du battement orangé et noir des monarques sur quelque sommet mexicain. Plus tard, le papillon reste figé, comme sa photo, mais les ailes fermées. Il me semble que le souvenir de ses derniers instants va m'habiter davantage que celui de sa dépouille, que ma fille a cueillie délicatement pour me la montrer de près. L'effet de la photo sans doute, mais aussi de la si légère suspension du temps qu'offrent les ailes d'un papillon et un regard d'enfant.