jeudi, septembre 21, 2006

Dawson... une société désarmée?

L'écho de la fusillade du Collège Dawson la semaine dernière n'a pas fini de retentir. Les étudiants sont retournés en classe, les funérailles de leur camarade abattue ayant rassemblé plusieurs d'entre eux autour des parents et amis. Les témoignages étaient émouvants, la couleur rose de certains vêtements, portée en hommage à la personnalité de la victime, tranchait sur le noir du deuil. « Elle reste vivante dans nos cœurs », disait un élégant jeune homme noir à la cravate fushia. Cet accès à l'immortalité est souvent le seul qui nous est donné, il faut avoir la sagesse de s'y arrêter, mais y accéder si jeune et de façon brutale est horrible. Les parents qui restent hantés par le chagrin sont condamnés à long terme à un courage difficile. Des coups de feu les réveilleront en pleine nuit, au cours d'un sommeil sans doute à peine acquis. Les parents du tueur traînent un poids insupportable... Comment leur enfant s'est-il transformé en quelques années en soldat fou, sans ennemi réel mais en guerre contre le monde entier? Est-ce que la société soutient assez les parents dans l'éducation de citoyens équilibrés? Autre question touchant notre responsabilité collective : pourquoi laissons-nous quiconque en a la fantaisie acheter des armes qui n'ont aucun usage justifiable? Nous vivons dans un « pays libre », dit-on. Liberté, liberté... que de crimes commis au nom d'une liberté mal comprise. Dès qu'un citoyen possède une arme, il s'arroge un droit de vie ou de mort sur ses voisins, abusant totalement de la liberté que lui donne une société confiante. Il faut aller au-delà du débat sur le registre des armes à feu et établir fermement un principe de désarmement systématique. Au Canada, il y a près de 7 millions d'armes en possession de simples citoyens. C'est malsain. Nous glissons vers une catastrophe à l'américaine. La paix sociale est menacée par la détention d'armes, si tranquille soit-elle, parce que des citoyens armés ne sont ni paisibles ni libres.